Par la Jordanian Women’s Union  

En partenariat avec Forus, l'Arab NGO Network for Development (ANND) propose plusieurs pistes de réflexion sur le contexte actuel pour les organisations de la société civile de divers pays de la région ANMO. Découvrez la première, formulée par une organisation membre de l'ANND, la Jordanian Women’s Union, à propos de la société civile en Jordanie. 

En collaboration avec lArab NGO Network for Development, lJordanian Women’s Union a organisé un atelier intitulé « Société civile, réalité et défis » dans le cadre duquel les participant•e•s ont discuté de la nécessité d'unifier les législations réglementant le travail des organisations de la société civile dans le but de leur faciliter la tâche, étant entendu que ces organisations sont des partenaires majeurs en matière de développement, de défense des droits de l'homme et de protection des intérêts des populations vulnérables au sein de la société. 

Lors de cet atelier qui s'est déroulé le 14 février 2021 au siège de l'Union, à Amman, capitale de la Jordanie, les participant•e•s ont souligné l'importance de placer le travail de la société civile dans un cadre adapté par voie d'examen et d'autocritique, de mettre au point un système de valorisation du travail au sein de cette société civile et de la repositionner en tant que figure majeure et premier partenaire de l'État. Les participant•e•s représentaient plusieurs types d’organisations : des organisations de la société civile œuvrant en faveur des droits de l'homme en général et des organismes semi-officiels représentés par le Centre national des droits de l'homme mais aussi une entité gouvernementale officielle représentée par le Bureau de la législation et de la consultation 

En lien avec la nature réduite du travail de la société civile en Jordanie, notamment due à l'absence de législation appropriée encadrant le travail des OSC et donc à l'existence de procédures et de pratiques arbitrairement limitatives, les principaux résultats obtenus et conclusions tirées par les participant•e•s en réponse à la situation actuelle incluent :  

1) le besoin d'amender le système législatif régissant la démocratie et d'œuvrer dans le respect de la Constitution jordanienne et des normes internationales des droits de l'homme, mais aussi de la loi sur les associations publiques, de la législation des parties et de la loi sur les réunions publiques ;  

2) le caractère indispensable de l'entrée en vigueur de la loi sur la liberté de l'information ;  

3) l'exigence de créer un environnement plus favorable pour les organisations de la société civile, d'éliminer les restrictions auxquelles elles sont soumises et de cesser toute ingérence au sein de leur administration et de leurs affaires internes tout en rappelant l'importance de la formation et de la qualification du personnel de l'administration publique et du gouvernement chargé de faire appliquer la loi, les règlements et les instructions  

4) la nécessité de renforcer la coordination entre les organisations de la société civile et de consolider les formations dcoalitions. 

Plus important encore, ce dialogue a permis de renforcer la collaboration entre les OSC participantes qui ont convenu de créer un comité de pilotage en vue d'assurer un suivi des recommandations, de mener des campagnes de pression et de sensibilisation et de planifier de futures activités de formation avec certains ministères. 

Même s'il est nécessaire de lancer des actions plus nombreuses et plus diverses afin de réduire les risques inhérents aux restrictions croissantes en Jordanie, ce dialogue a constitué une lueur d'espoir pour les organisations de la société civile en définissant un certain cadre et en coordonnant des actions qui seront mises en œuvre dans un avenir proche et pourraient ensuite améliorer leurs conditions de travail.