Par la CCONG, membre de Forus en Colombie

La Confederación Colombiana de ONG (CCONG) témoigne sa solidarité envers l'expression citoyenne pacifique qui, dans le cadre de la récente manifestation nationale, a participé massivement aux mobilisations et a manifesté son droit fondamental de manifester. Les voix et les propositions des organisations de la société civile sont un appel urgent à des mesures économiques, politiques et sociales nécessaires pour faire face aux graves conséquences de la pandémie de COVID-19.

De même, la CCONG exprime son rejet catégorique de toutes les formes de violence policière et criminelle qui ont laissé un triste bilan de personnes tuées, blessées, détenues arbitrairement et disparues après une réponse armée musclée qui a semé la confusion et la terreur parmi les populations qui ont fait face à ces événements malheureux.

Le CCONG exige du gouvernement national :

1. La garantie du droit à la vie et du droit de manifester : nous rejetons l'usage de la force publique qui touche les jeunes et surtout les femmes. Les protocoles internationaux sur la non-utilisation des armes à feu contre la population civile lors des manifestations sont obligatoires.

2. La garantie du droit à la santé : agilité et efficacité du plan de vaccination et accès à des doses complètes de vaccins pour toutes les personnes, dans les zones rurales et urbaines, pour faire face au COVID-19 et garantir la vie et la santé.

3. Le renforcement du modèle constitutionnel de décentralisation : soutien aux gouverneur•e•s et aux maire•sse•s qui reconnaissent le droit à la vie et à la protestation ; qui promeuvent le dialogue comme indispensable moyen de trouver des alternatives face à la pauvreté et à l'inégalité ; qui ont des plans de développement basés sur la garantie des droits ; qui promeuvent la participation citoyenne et démocratique ; et dont les politiques ont été affectées par l'intervention des décisions administratives, financières et politiques au niveau centralisé, qui cherche de nouveau à concentrer les fonctions.

4. La révision des plans de développement local : pour orienter les politiques vers les réalités des populations après une année de pandémie. Il est urgent de s'occuper des populations démunies, sans emploi, touchées depuis des années et dont la crise a été exacerbée par la pandémie. Nous demandons une attention particulière à l'égard des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes âgées.

5. L'appel à faire avancer les dialogues décentralisés menés par les autorités locales : écouter les citoyen•ne•s, les organisations sociales et accompagner la construction participative de leurs propositions jusqu'à leur traitement au niveau central.

Compte tenu de ce qui s'est passé, la CCONG en appelle à la solidarité internationale dans le suivi de la situation de milliers de jeunes et surtout de femmes, qui ont été touché•e•s par la répression brutale des forces armées.

Notre solidarité va à celles et ceux qui défendent les droits de l'homme dans le cadre de manifestations légitimes. Les organisations de la société civile restent attentives au dialogue social et politique qui a contribué à une participation politique constructive.

Bogotá, D.C., 04 mai 2021


Crédits photo: Sebastian Barros