Par FCOSS, membre de Forus aux îles Fidji 

La participation communautaire et la réactivité aux catastrophes sont des caractéristiques clés de la Constitution modifiée récemment adoptée du Fiji Council of Social Services. 

Le FCOSS a tenu son assemblée générale annuelle en novembre 2018 dans la province de Nadroga située sur la côte de corail fidjienne. Les 60 représentants des adhérents au groupe FCOSS issus des quatre divisions administratives nationales ont adopté la Constitution modifiée au terme d'un examen d'un an. 

Il s'agit là d'une avancée importante pour le FCOSS, étant donné que sa Constitution n'avait pas été révisée depuis plus de 10 ans. 

Vani Catanasiga, Directrice générale du FCOSS, a expliqué que bien qu'il y ait eu des tentatives récentes de révision de la Constitution du FCOSS et de la structure politique de l'organisation, celles-ci n'avaient pas abouti avant le commencement, mi-2020, du programme national Soutenir le Développement des Capacités de FORUS. 

Le projet Forus «Un Forum international des plates-formes nationales d’ONG plus fort pour un plus grand impact sur les politiques publiques» a été lancé pour améliorer la capacité institutionnelle et la réactivité du FCOSS afin de contribuer aux efforts de résilience et de réduction des risques de catastrophe (RRC) impliquant les communautés. Sur cette base, le FCOSS partagerait alors des approches uniformes sur toutes les plates-formes concernant la localisation. 

Le partenariat de FORUS avec FCOSS a établi le projet Renforcer le Soutien du FCOSS aux efforts de Résilience et de Réduction des Risques de Catastrophe menés par les Communautés (SureFiRe) pour se pencher sur les points suivants: 

a) Un examen des approches opérationnelles du FCOSS appliquant les enseignements tirés du développement du Fiji CSO Protocol & Directory for Humanitarian Coordination at Sub National Level (répertoire et protocole des OSC des Fidji pour la coordination humanitaire au niveau régional), du Fiji Humanitarian Code of Conduct for CSOs (code de conduite humanitaire des Fidji pour les OSC) et du Fiji National CSO Humanitarian Reporting Template (modèle de rapport humanitaire de l'OSC nationale des Fidji). 

b) L'organisation de deux formations/dialogues trimestriels avec le Comité exécutif du FCOSS (conseil) et les employés sur les approches et politiques opérationnelles.

c) L'organisation conjointe annuelle d'une réflexion et d'une communauté de pratique avec son organisation sœur, la Cook Islands Civil Society Organisation (CISCO), pour partager les enseignements tirés d'une approche efficace commune à toutes les plates-formes sur la localisation des DDR dans la région. 

Le travail commença sérieusement après l'établissement du Comité d'Examen de la Constitution en décembre 2019 après avoir reçu l'information que FORUS allait apporter son soutien à l'examen de l'organisation et du renforcement de ses capacités.  

Cependant, au premier trimestre 2020, le gouvernement fidjien a demandé aux réseaux du FCOSS de se mobiliser aux côtés de centaines de fonctionnaires pour soutenir les efforts de lutte contre la Covid 19 après l'enregistrement des tous premiers cas aux Fidji. 

À peine un mois plus tard, le cyclone tropical de catégorie 4 Harold s'est abattu sur les Fidji et a dévasté les communautés dans les divisions de l'est et de l'ouest du pays. 

En temps ordinaire, la réponse aurait été rapide mais la Covid 19 a imposé des restrictions de voyage, ce qui a constitué un facteur aggravant auquel les efforts de réponse aux catastrophes n'avaient jamais été confrontés. 

Dans ce scénario, les plates-formes régionales du FCOSS, autrement dit les District Councils of Social Services (DCOSS), ont été activées dans tout le pays pour soutenir la réponse gouvernementale aux crises simultanées. 

Bien que cette activation ait entraîné un retard dans le déploiement des aides, elle a été d'une certaine manière providentielle, car l'expérience de la réponse simultanée à la Covid 19 et au cyclone tropical Harold a entraîné le réexamen des approches du FCOSS sur la coordination humanitaire des OSC et l'implication de nos citoyens dans l'amélioration et le renforcement de la capacité d'adaptation des communautés fidjiennes. 

Bien qu'accommodant les restrictions relatives aux rassemblements sociaux, le FCOSS a cependant décidé d'organiser son Comité exécutif (l'équivalent du conseil) en mai 2020; celui-ci a approuvé un projet de mandat pour l'examen des approches opérationnelles du FCOSS. 

En juin 2020, lorsque les efforts d'intervention se sont transformés en mesures de reprise et que certaines restrictions relatives aux rassemblements sociaux ont été levées, le FCOSS a rapidement rassemblé 32 participants pour un dialogue qui s'est tenu sur un jour et demi.

«Nous avons veillé à ce que les termes de référence soient compris dans la conception du programme de la journée et demi de dialogue auxquels ont participé les représentants du DCOSS en tant que concitoyens, employés et membres du comité exécutif. Le dialogue fut riche en suggestions concernant les façons dont le FCOSS, en tant qu'organisation, pourrait améliorer la mise en œuvre de son mandat de rôle humanitaire national», a expliqué Catanasiga. 

Vani Catanasiga a ajouté que les dialogues ont permis d'établir une base de référence à partir de laquelle un consultant, recruté à une date ultérieure, travaillerait pour élaborer la révision. 
En outre, le FCOSS a veillé à ce que le consultant, qui sera choisi pour préparer cette révision, comprenne le contexte local, ait travaillé par le passé avec des ONG du Pacifique et ait été impliqué dans des projets relatifs à l'inclusion. 

Outre l'analyse de documents, le consultant a également saisi l'occasion pour trianguler certaines des recommandations initiales formulées lors du débat, en interrogeant des partenaires dans toutes les quatre divisions administratives des Fidji. 

Une présentation des premiers résultats a été faite lors d'une retraite du personnel et du Comité exécutif organisée le 7 août 2020 et a donné lieu à des discussions sur la participation de la communauté dans l'actualisation des politiques et des procédures internes autour des principaux domaines d'opération thématiques. 

« Je pense que les résultats ont montré que, comme nous avons négligé ce processus auparavant, à quoi se sont ajoutées de nouvelles complications liées à la COVID-19, nous avions beaucoup plus de travail à faire. Qui plus est, les représentants des parties prenantes réunis au sein du Comité exécutif ont considéré qu'il fallait les impliquer dans tous les aspects de cette tâche », a dit Mme Catanasiga. 

Deux semaines plus tard, le personnel et le Comité exécutif se sont à nouveau réunis lors d'une formation pour en apprendre davantage sur l'outil « d'évaluation de la capacité organisationnelle » développé par le programme Raising Pacific Voices (RPV) d'Oxfam Pacific, et lors d'une formation sur les cinq composantes nécessaires pour une OSC inclusive, transparente, responsable et efficace. 

Le programme RPV d'Oxfam Pacific est un projet financé par l'Union européenne qui avait mis au point un outil d'évaluation de la capacité organisationnelle dans le contexte de la région du Pacifique. 

À la fin de la journée de formation, les participantes sont convenues de la démarcation des domaines thématiques de l'examen et du développement de la politique et se sont mises d'accord sur les étapes suivantes. 

« Grâce à la formation d'Oxfam puis à l'évaluation de la capacité organisationnelle, nous avons vraiment pu comprendre les recommandations qui avaient partagées lors de l'analyse de l'examen interne, à savoir le besoin de mettre en synergie les politiques ad hoc et de les adapter aux tendances actuelles, avant de veiller à ce qu'elles soient adoptées sous la forme de documents stratégiques de l'organisation en les appliquant au niveau sous-national, en les disséminant à grande échelle avec des activités de sensibilisation, afin d'encourager les parties prenantes à s'approprier les mesures, tout en veillant constamment à ce qu'elles restent pertinentes, qu'elles soient appliquées dans l'ensemble du réseau, et que des leçons soient tirées », a dit le Président du Comité exécutif de la FCOSS, Sitiveni Kunaika.

En septembre 2020, trois groupes de travail, composés de membres du Conseil d'administration, de personnel, et de parties prenantes de la FCOSS, avaient été créés pour mission d'examiner et actualiser 24 politiques qui étaient considérées comme urgentes par le personnel et le conseil.

Les 3 groupes de travail couvrent la responsabilité, la gouvernance, et les ressources humaines et les finances. Ils seront dirigés à la fois par les membres du personnel et les parties prenantes de la FCOSS. 

Cependant, alors qu'il était prévu que les groupes de travail finaliseraient les politiques d'ici à la fin d'octobre, à temps pour l'Assemblée générale annuelle de la FCOSS en novembre 2020, la date butoir a finalement dû être repoussée. 

« Le soutien de Forus nous a permis de lancer les travaux, qui consistaient essentiellement à revitaliser une organisation vieille de 60 ans, mais nous avons sous-estimé le travail et l'attention nécessaires pour revoir la Constitution de la FCOSS de 2008 et pour actualiser les politiques, dans un contexte de travail de rétablissement face à un cyclone et à la pandémie au sein du réseau de la FCOSS », a dit Cema Bolabola, qui a assumé le rôle de présidente du Comité d'examen de la Constitution (CRC). 

« Nous espérions que le travail sur ces aspects de la gouvernance mené en parallèle serait lui aussi fini en même temps, mais nous avons fait face à des difficultés à cet égard », a ajouté Mme Bolabola. 

La FCOSS espère tenir ces réunions entre décembre 2020 et janvier 2021 pour finaliser le travail sur l'examen interne des politiques et mettre en place une communauté de partage des pratiques en ligne avec la CICSO. 

« Nous avons commencé à débattre avec l'Association des ONG des Îles du Pacifique (PIANGO), qui est notre plateforme régionale, pour nous aider à planifier les prochaines étapes et pour nous coordonner avec nos collègues de la CICSO. Cette année a été difficile, mais nous sommes très reconnaissants du soutien et de la compréhension de nos collègues de Forus », a dit Mme Catanasiga. 

L'implication de la communauté dans le réalignement et le renforcement de la capacité institutionnelle est un processus difficile, qui était encore plus compliqué dans les régions exposées aux catastrophes naturelles et dans le contexte de la soudaine pandémie de COVID-19. La FCOSS a toutefois tiré des leçons de cette expérience, qui a été très enrichissante. 

Il ne fait aucun doute qu'après ce projet, le niveau d'appropriation, de crédibilité et de profil de la FCOSS vis-à-vis de ses membres et des parties prenantes se sont considérablement améliorés, et plus encore sa capacité à lancer des initiatives de résilience des communautés face à des catastrophes naturelles liées au changement climatique et à des pandémies.

Ces améliorations commencent déjà à se faire sentir, dit Mme Catanasiga.