Article rédigé par : Adriana Aralica, responsable politique et information, SLOGA - Plateforme des ONG pour le développement, l'éducation mondiale et l'aide humanitaire, Slovénie 

Selon l'indice des objectifs de développement durable (ODD), la Slovénie se classe au 12ème rang sur 162 pays (contre la 8ème place sur 157 pays en 2018), avec les meilleures performances dans l'éradication de l'extrême pauvreté et l'accès aux ressources énergétiques propres, et les enjeux dans le champ des mesures visant à éliminer la faim, à assurer une production et une consommation durables, ainsi que les mesures pour lutter contre les effets du changement climatique et pour préserver les océans et les ressources marines. La Slovénie est un donateur d'aide publique au développement depuis 2004. 

Selon l'Eurobaromètre Spécial N° 494 (2019), 77 % des Slovènes estiment que l'aide apportée aux populations des pays en développement est importante (moyenne UE28 : 86 %), tandis que 74 % conviennent que la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement est également dans l'intérêt de l'UE (moyenne UE28 : 79 %). En 2018, les fonds destinés à la coopération internationale au développement s'élevaient à 70,76 millions d'euros, soit 0,16 % du revenu national brut (RNB). 65 % de la coopération au développement slovène est allouée sous forme d'aide multilatérale au développement et 35 % sous forme d'aide bilatérale. Les ONG slovènes de développement estiment que l'Agenda 2030 pour le développement durable n'est pas encore suffisamment intégré dans les différents ministères et ONG, et que les questions de l'Agenda 2030 sont encore traitées de manière cloisonnée. Le projet contribuera donc au renforcement des partenariats multipartites et intersectoriels pour les objectifs mondiaux et donc à la localisation des ODD.  

Avec le soutien de Forus, SLOGA, la plate-forme slovène des ONG de développement, met en œuvre un projet visant à renforcer le suivi par la société civile de la mise en œuvre des ODD. 
 
Le principal résultat sera la rédaction d'un rapport alternatif ou « rapport dédié » de la société civile sur la mise en œuvre des ODD en Slovénie, rédigé au cours de l'année au moment où le gouvernement slovène présentera son deuxième bilan national volontaire (2020). 
  
En tant qu'activité de référence, une analyse de fond et une cartographie des parties prenantes ont été mises en œuvre. Bien que l'analyse de base ait donné un aperçu du rôle des ONG dans les documents de développement international pertinents et un aperçu de certains rapports d'ONG sur les ODD, elle a également fourni des informations générales sur la mise en œuvre par la Slovénie des ODD et des politiques nationales pertinentes (notamment la stratégie de développement de la Slovénie pour 2030 qui fait référence aux ODD et à leurs cibles). La cartographie des parties prenantes comprenait un aperçu des parties prenantes institutionnelles et de celles de la société civile et des groupes d'intérêt.  

Sur la base de cette cartographie, le groupe de travail de consultants contribuant à l'élaboration de la méthodologie alternative de rapport a été créé. Le groupe de travail rassemble des représentants d'ONG ayant de solides références en matière de plaidoyer, de recherche, de suivi et de dialogue avec la société civile. Au cours des réunions, le groupe de travail a discuté de la structure du rapport alternatif, des parties prenantes à impliquer dans la rédaction du rapport et des étapes ultérieures à planifier (activités de plaidoyer et de sensibilisation) lors de la finalisation du rapport. 

Au cours de ces deux activités, la question s'est posée de savoir s'il fallait adopter l'approche de l'ensemble de la société ou celle de la société civile. 
 
L'Agenda 2030 encourage l'approche de l'ensemble de la société dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des ODD, en vue de s'assurer de ne laisser personne de côté et que les principes généraux d'universalité ne restent pas lettre morte. De même, alors que les examens nationaux volontaires sont des processus menés par l'État, l'Agenda 2030 encourage la collaboration entre les différentes parties prenantes. Lors de la discussion sur l'implication des parties prenantes dans le processus alternatif de rapport, le groupe de travail a identifié les organes de contrôle gouvernementaux, mais indépendants (par exemple le médiateur des droits de l'homme, le défenseur du principe d'égalité, la commission pour la prévention de la corruption) et les universités comme étant des alliés potentiels importants, en particulier du point de vue du renforcement de l'appropriation de l'Agenda 2030 au niveau national.  

Bien que le groupe de travail ait reconnu l'importance de l'approche de l'ensemble de la société, nous avons convenu d'utiliser l'approche de la société civile et d'axer le rapport sur le rôle de la société civile dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des ODD spécifiques et de leurs objectifs.  

En Slovénie, divers réseaux d'ONG dits thématiques (c'est-à-dire des réseaux rassemblant des ONG travaillant sur des thèmes spécifiques, comme SLOGA qui regroupe des ONG travaillant dans la coopération internationale au développement, l'éducation mondiale (citoyenneté) et l'aide humanitaire sont actifs et ont établi une coordination régulière. Par conséquent, ces réseaux et alliances d'ONG sont une ressource précieuse à utiliser pour l'implication des parties prenantes et pour les activités de sensibilisation dans le processus de rédaction du rapport, afin d'assurer une représentativité des questions traitées dans le rapport.  

L'épidémie actuelle du COVID-19 a, d'une part, mis en évidence que les défis internationaux n'obéissent pas aux frontières nationales et doivent donc être traités par le biais de partenariats transnationaux, inclusifs et multipartites, avec la pleine collaboration de tous les acteurs concernés, y compris la société civile ; et d'autre part, l'épidémie a souligné la nécessité de renforcer la solidarité mondiale. Seule une appropriation forte par la société civile des ODD contribuera à renforcer les capacités de suivi des ONG et à réaliser le développement durable pour tous.