Crédit photo : Plataforma de ONGD 


Les Plateformes d’ONG d’Angola, du Brésil, du Cap-Vert, du Mozambique, du Portugal, de São Tomé-et-Príncipe et du Timor oriental se sont réunies à Lisbonne dans le cadre du projet Unité des Plateformes : Partenariats pour le plaidoyer, dans le but de renforcer les partenariats et le travail en réseau. Cette visite a abouti à la rédaction conjointe d’un mémorandum d’accord et d’une déclaration de principes pour la création et le fonctionnement du Réseau des plateformes d’ONG lusophones (RePLONG).


Du 27 au 31 mai, plusieurs plateformes d’ONG de pays lusophones ont visité Lisbonne : la Plateforme des Organisations non gouvernementales brésiliennes (ABONG), la Fédération des ONG de São Tomé-et-Príncipe (FONG-STP), la Fédération des ONG du Timor oriental (FONGTIL), le Forum des ONG angolaises (FONGA), la Ligue des ONG du Mozambique (JOINT) et la Plateforme des ONG du Cap-Vert (PLATONG). 


Cette visite, organisée par la Plateforme portugaise des ONGD, fait partie du Projet plateformes unies : Partenariats pour le plaidoyer, que la Plateforme portugaise de l’ONGD met en œuvre en partenariat avec la Fédération des ONG de São Tomé-et-Príncipe - FONG STP, qui vise à renforcer les partenariats et le travail en réseau entre les Plateformes d’ONG des pays lusophones pour les actions de plaidoirie et l’influence politique dans le domaine de la Coopération au développement et est financée par la Commission européenne par l’intermédiaire de Forus et avec le soutien financier de l’Institut Camões IP.


La visite des Plateformes a abouti à la rédaction conjointe d’un mémorandum d’accord et d’une déclaration de principes pour la création et le fonctionnement du Réseau des plateformes d’ONG lusophones (RePLONG). Ces documents présentent les idéaux du Réseau et permettront aux organisations de renforcer leur travail de plaidoirie, tout en permettant davantage d’échanges des meilleures pratiques et le développement des relations institutionnelles entre les Plateformes. Entre autres engagements, le Réseau des plateformes d’ONG lusophones (RePLONG) vise à créer un espace de partage, d’apprentissage et de réflexion critique sur les questions intéressant les organisations qui le composent, mais aussi à élaborer des positions et à planifier et mettre en œuvre un Plan d’action commun.


Société civile, droits de l’Homme et démocratie


Les organisations membres du Réseau comprennent qu’une action concertée entre les plateformes renforcera le rôle de la société civile, rattachée au cadre des droits de l’homme et aux principes démocratiques, dans les pays où les plateformes opèrent, en tant qu’expression la plus haute de la participation civique et citoyenne des personnes à la défense du bien commun.


Le contexte actuel de crise démocratique et la montée des mouvements politiques populistes remettent en question les principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est pourquoi le Réseau des plateformes lusophones des ONG réaffirme la nécessité de conclure des partenariats stratégiques et de mettre en place un programme commun entre les organisations de la société civile (OSC), mais aussi avec d’autres acteurs, pour revendiquer et consolider la démocratie en tant que valeur universelle, et qu’il réaffirme le respect de la souveraineté populaire et du droit des peuples à l’autodétermination.


Pour une vision holistique et une construction collective


Dans son mémorandum d’accord, le Réseau exprime sa volonté de contribuer à un développement durable et équitable, remettant en question le paradigme actuel du développement, et plaidant en faveur d’un changement vers le « bien-vivre », une nouvelle épistémologie qui constitue une vision holistique et une opportunité de construire collectivement, d’une manière plurielle, un nouveau mode de vie, fondé sur la réciprocité et la solidarité comme une voie permettant le bien-être et le bonheur des gens. Pour construire ce modèle alternatif de développement, il sera nécessaire de mettre en œuvre un processus commun de respect de la nature et d’échanges culturels avec les autres dans un esprit collectif, et non de manière séparée ou exploratrice.


Reconnaissant que l’Agenda 2030 et les Objectifs de développement durable (ODD) sont le programme minimum en matière de droits de l’homme, le Réseau estime que leur mise en oeuvre requiert une volonté politique, la mobilisation des ressources nécessaires pour réaliser les engagements pris, ainsi qu’un travail commun participatif et la coordination de l’action de toutes les instances nationales et internationales.


Cohérence et adéquation des politiques aux besoins généraux de développement


Au cours des cinq jours de travail commun, le Réseau a rappelé que les causes des inégalités ne seront surmontées que si les conditions de fonctionnement démocratique sont garanties dans les pays où les plateformes sont établies, et de préférence au sein d’une démocratie participative où les OSC, de manière autonome et efficace, participent aux décisions politiques qui concernent les droits des communautés et de l’environnement. La concertation des Organisations de la Société Civile sera également cruciale pour promouvoir une citoyenneté plus globale, plus responsable et plus solidaire, et le suivi de l’action des États afin d’assurer une plus grande cohérence et adéquation des politiques publiques aux besoins mondiaux de développement.


Ces messages, transmis à divers décideurs au Portugal lors de cette visite à Lisbonne, notamment à la Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et à la Coopération, au Secrétaire exécutif de la CPLP, aux membres de la Commission des Affaires étrangères du Parlement portugais, et à l’Institut Camões IP, ont défini la position politique d’un Réseau de plateformes d’ONG qui se veut dynamique et qui continuera à travailler ensemble en faveur d’une participation plus efficace de la société civile à la mise en œuvre des politiques publiques dans ses pays membres. 


Cet article a été écrit par la plate-forme des ONGD portugaises.